Légende

 

La légende de : "La dame de San-Cumentu"

"Voici une légende qui fut racontée par une vieille grand-mère à sa petite fille, mademoiselle C.BERTUCCI, sous les beaux oliviers de Pila-canale.

Il était autrefois, sur le territoire de la commune de Cognocoli-Monticchi, une colonnie sarrasine, dont il ne reste plus que le souvenir , conservé par un nom de lieu et les ruines d'une vieille chapelle dédiée à San-Cumentu.

Comment, me direz-vous? Des sarrasins vivaient sur notre sol, autour d'une vieille chapelle vouée à un saint de notre religion?...

Beaucoup des nôtres ignorent encore que les Sarrasins qui vinrent occuper la Corse, sous la conduite des Chefs arabes, étaient d'éducation romaine et catholique.[...]

Voici, d'après notre légende, comment disparut la colonnie sarrasine de San-Cumentu, qui semble avoir été régentée par une noble dame du pays, dont le nom ne nous a pas été conservé.

Par une matinée glaciale de dimanche, la petite église de San-Cumentu est pleine de Sarrasins en-dimanchés. Revêtu de ses ornements sacerdotaux, le prêtre est à l'autel, mais ne commence pas le divin office. L'assistance s'impatiente; des murmures se font entendre, et, soudain, une voix courroucée interpelle l'officiant, qui semble indiférent à l'émoi général:

_Chi faci, o preti pretacciu, Chi un' cumenci a to messaccia ?(Trad:Que fais-tu, ô prêtre, méchant prêtre, Qui ne commences pas ta messe vilaine?)

_ Un' la possu cummencià, a me messacia, Chi un ci hè a signora Sancumentaccia !(Trad: Je ne puis commencer ma messe vilaine, La Dame de San-Cumentu n'est pas là!)

_ A quandu licatu cocchji e cucchia, Quali sà quand'ella ci sarà ? (Trad: Occupée à lécher louches et cuillères, Qui sait quand elle arrivera?)

Au même instant, La dame apparaissait au seuil de l'Eglise, et piquée au vif par cette réfléxion, elle répliqua :

_Un' aghju licatu cocchji nè cucchia' Ch'aghju vultatu trentottu chia' !(Trad: Je n'ai léchée, ni louches, ni cuillères, mais j'ai tournée trentre-huit clefs !)

Puis elle jeta, au milieu de l'église, le volumineux trousseau de clefs, dont elle etait si fiere, et qu'elle emportait toujours avec elle.

Hélas! ce peuple de pauvres hères se crut ainsi humilié et provoqué. Il se précipita sur les emblemes du pouvoir et de la richesse. La mêlée devint cruelle, et bientôt sanglante, et telle que, par ce matin d'un glacial dimanche, les Sarrasins de San-Cumentu s'exterminerent, sous les yeux épouvantés du prêtre et tu la Dame aux trente-huit clefs...." d'apres "LES SARRASINS EN CORSE" par Carolu Giovoni da bozi.

 

Pour plus d'informations :

yohan.colonna@wanadoo.fr / Cognocoli@wanadoo.fr

 

 

 

 

 

 

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